Futuristic man

Le groupe américain a mis la main sur Moodstocks, une société française qui développe un programme capable de reconnaître des images ou des objets sur son smartphone.

La vidéo dure 16 secondes. Une personne passe trois objets devant la caméra d’un smartphone: un pistolet à fléchettes en mousse, une tasse, un sac. Chaque fois, le téléphone reconnaît l’objet et sa marque en quelques secondes. Cette technologie, simple en apparence mais extrèmement complexe, est développée par l’entreprise française Moodstocks. Elle a annoncé mercredi son rachat par Google, pour un montant inconnu.

Fondée en 2007, Moodstocks est une start-up spécialisée dans la reconnaissance d’image. Ses solutions sont utilisées par plusieurs gros clients en France, comme la Fnac, La Redoute ou Leroy Merlin. L’entreprise permet aux développeurs d’exploiter sa technologie afin de créer de nouveaux services fondés sur la reconnaissance d’image: dans l’alimentaire, la mode, l’ameublement… En 2014, Moodstocks a racheté une autre entreprise française, Modaclic, donnant naissance à une application permettant d’acheter des vêtements vus dans un magazine en les prenant en photo.

Développer l’intelligence artificielle

«La France regorge de talents en ingénierie et en recherche», a commenté Vincent Simonet, responsable de la recherche et du développement chez Google France, dans un post de blog. «Nous sommes impatients de collaborer avec l’équipe de Moodstoks et de voir ce que nous pourrons développer ensemble.» Google a déjà racheté deux start-up françaises il y a trois ans: Flexicore et Sparrow. L’équipe de Moostocks rejoindra le centre de R&D de Google situé à Paris. Une centaine d’ingénieurs y travaillent déjà. Un tiers d’entre eux sont affectés à l’institut culturel, l’initiative du moteur de recherche en faveur de la numérisation et la diffusion de l’Art. Les autres travaillent sur YouTube et sur le navigateur Chrome.

Les employés de Moodstoks vont eux inaugurer un nouveau pôle consacré à l’intelligence artificielle. Google a déjà investi ce secteur au travers du rachat de l’entreprise anglaise DeepMind. Cette dernière a notamment développé le programme AlphaGo, qui a récemment battu le meilleur joueur mondial du jeu de go. La technologie de Moodstocks pourrait être particulièrement utile au moteur de recherche. Elle pourrait par exemple améliorer son service de comparateur de prix, en permettant à ses utilisateurs de prendre en photo un objet vu en magasin, ou son application de classement de photos. Facebook travaille lui-même sur ce genre d’intelligence artificielle, capable de reconnaître des visages, des races de chiens ou des objets. Le réseau social a ouvert un laboratoire dédié au sujet en 2015, lui aussi situé à Paris.

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